On dirait que les prêtres propriétaires ne veulent pas que l'on émoustille trop les jeunes Buenos Aériennes sur leurs sites de rencontre. Ils ont une expression en espagnol que je traduis du mieux que je peux : « Chatter avec les chattes». Non...non... c'est une mauvaise plaisanterie et je vous promets bien de ne pas glisser davantage sur cette pente graveleuse (je n'ai pas dit le mot gravelle là ).
Et immédiatement à la suite de ce petit arrêt au siège social, j'irai à la quête des bonnes âmes qui pourraient me changer mes précieux et foutus chèques de voyage.
Ma soeur Suzanne par le biais de Déborah m'informe qu'il y a une Banque Royale du Canada sur l'Avenue Florida, une rue piétonnière, semble-t-il. Mon coeur bat d'espoir. Enfin ! Je me sentais le seul canadien ici. Devinez à qui j'ai demandé pour m'y rendre ? Je ne vous donnerai pas la réponse car tous et celles qui ont lu les pages précédentes ont déjà les mains levées pour répondre. « Oui, oui.... tous ceux qui ont les mains levées, vous aurez une belle collation très bientôt.» Quant aux autres, c'est une juste punition de ne pas vous donner la réponse pour que vous puissiez aller lire les pages précédentes afin de la trouver justement cette réponse.
Une heure de marche à tâtons parce qu'il ne faut pas vous imaginer que j'ai compris le premier policia rencontré. Il était à fastforward dans son discours même s'il avait les bras et les mains qui s'agitaient en homme de circulation.
Un deuxième policia un peu plus loin selon la première direction que m'avait indiquée le premier policia me donna la direction supplémentaire à suivre. Et ainsi de suite, je me fis penser au Petit Poucet qui laissa derrière lui non des pierres pour retrouver son chemin mais des policia, à la condition qu'ils ne changent pas de place les sapristi. Ce qui est très rare à Buenos aires. On les plante à un endroit le matin et on les ramasse le soir... s'il en reste bien entendu (pas de parade syndicale ni de «révolucion sociale» dans la journée, quoi).
Enfin arrivé ! Et je vais vous expliquer pourquoi c'était si difficile de trouver cette rue. Imaginez que vous êtes sur St-Denis et vous cherchez La Florida. Vous allez voir sur Berri, pis vous marchez sur Roy, pis vous revenez sur St-Denis, pis vous marchez sur Sherbrooke... Vous ne trouvez toujours pas la maudite Florida. Seul Elvis Gratton pourrait vous y mener les yeux fermés... Et savez-vous où est La Florida dans ce contexte ? BEN C'EST LA RUELLE MAUDITE M_ _ _ _ _ _ D E ! Est-ce qu'on joue au pendu ? Devinez... Je vous donnerai une autre collation même si ce n'est pas trop bon pour votre ligne.
Voici ce qu'a l'air la rue Florida...

Je me suis toujours demandé où étaient les boutiques. Le long de la belle et grande avenue 9 de Julio qui donne sur l'Obélisque, j'étais toujours étonné de constater qu'il n'y avait pas la crème des boutiques comme à Paris, par exemple. Au contraire, ce sont des boutiques de pacotille suivies des locutorio (allez aux précédents chapitres ceux et celles qui n'ont pas compris ce dernier mot.... c'est votre punition!).
Je ne vous dis pas que la Florida, c'est le chic des chics... Pas de Cartier, de Coco Chanel, Beneton ... whatever... La rue piétonnière fait au moins 5 kilomètres. J'en ai fait un bon bout et je n'ai vu que des boutiques vraiment locales... pas de marques internationales sauf Mc Donald qui est rendu une nuisance planétaire mais pas tant que ça vous verrez.
Je suis une balle de ping pong
J'étais gêné de demander où était La Banque Royale du Canada. C'est comme si on vous aurait demandé le consulat argentin quand vous êtes dans une ruelle de la rue St-Denis.
Je décide de me chercher un café internet et de faire ma propre recherche géographique. Jamais je croirai qu'il doit y avoir un café Internet dans tous ces 5 kilomètres. Mais il n'y a pas d'agents de tourisme sur La Florida (comprenons toujours les policias, n'est-ce pas ? N'oublions pas nos leçons sinon pas de collation...). Je demande à un premier monsieur en complet. Il ne savait pas. C'était complet pour lui. À une jeune fille qui fumait en dehors de la boutique où elle travaillait. Elle m'envoie d'un bord, 4 blocs (quadras en fastforward) plus loin... C'était un maudit locutorio que je déteste... En effet, j'ai l'impression d'aller à la confesse ou aux fesses.
Je demande à une dame en précisant que je veux un café PLUS Internet. Elle me revire de l'autre bord et à 5 blocs plus loin. En passant, j'ai remarqué que la fille avait complètement grillé sa cigarette. Elle a dû grillé en même temps, il faisait soleil.
C'est le cas de le dire: il n'y avait rien là. Bien, il y avait un café... Si.... Mais pas de «PLUS Internet». Ça faisait bien 5 kilomètres que je faisais sur La Florida mais sur 100 pieds par exemple. Comme une balle de ping pong.
Je demande à une femme qui distribuait des coupons de la taille de l'argent de monoply----toujours en couleur----avec une annonce différente sur chaque côté style chimiothérapie sur un bord et perruques sur l'autre bord. Elle me dit d'aller chez Mc Donald. je lui réponds : « Mc Donald ? ! WI FI ? ! ». Elle me répond « Si». Je n'étais pas loin. Je retourne sur mes pas, la fille n'était pas revenue griller à nouveau.
J'ai voulu sortir à plat ventre par la porte arrière
Bien oui ! Dès mon entrée chez Mc Donald, j'aperçois une table ronde, haute comme des tables de bar, avec trois écrans plats --- les gens avaient l'air de s'endormir tellement c'était justement plat. Je demande à une jolie jeune fille si c'est WI FI. Elle me dit oui. Enfin j'ai connu une femme (la femme aux coupons) qui savait de quoi elle parlait et qui m'avait donné une bonne référence. Bic Mac oblige... je me dois de commander quelque chose comme ça pour m'asseoir et bénéficier de l'Internet...
Je cherche la Royal Bank of Canada, Buenos Aires sur Google. Niet. Je surfe jusqu'au siège social de la Banque Royale, section succursales à l'étranger. L'Argentine n'existe pas... Finalement, je pogne un individu sur le Net qui affirme représenter la Banque Royale du Canada à Buenos Aires. Il se spécialise dans les investissements commerciaux Canada-Argentine. Il fait ça de son salon puisqu'il ne donne même pas d'adresse.
J'avais oublié que Suzanne était venue ici avec ma petite maman d'amour il y a 20 ans. La Banque Royale du canada a dû déménager au canada peut-être depuis ce temps.
Je me dis pourquoi « Pourquoi pas écrire à ma propre banque, la Banque de Montréal dont LE SIÈGE SOCIAL EST À TORONTO ! MAUDITE M_ _ _ _ L _ _ E ! La réponse, c'est MARMELADE.
Mes comptes les plus importants sont là (environ 3 $). Vous allez me dire que je devrais me désister d'eux... Peut-être... Mais je préfère être avec des traîtres qu'avec des cons... Devinez de quelle institution je parle... Vous savez celle qui vous retient pendant 10 jours un chèque de 10 $ que vous avez déposé même si vous avez 10 M $ dans votre compte chez eux...
Je m'exécute donc et j'envoies un mail à ma banque pour qu'elle puisse me dire comment je peux retirer mon 3 $ quand j'en aurai besoin. Je suis en mode d'attente...
Une bonne petite fille de 4 ans avec sa maman sont juste à côté de moi. La petite fille a les yeux grands comme si elle était prête à accepter un transfer de fichier de 10 mégabytes à la seconde. Je la trouve suave. Je lui remets un petit insigne du Canada (une tête d'Indien et c'est marqué tout en bas CANADA--c'est moi déguisé en Canadiana Jones).
La maman est plus contente de cet insigne que la petite fille qui ne comprend rien à rien, trop préoccupée qu'elle était dans les transfers de fichier. Finalement elle comprend et est toute heureuse. La maman, en guise de reconnaissance, me dit que je suis pas mal «spotté» à cause de mon ordinateur. Elle avait eu l'occasion d'observer ça. Je la remerciai. Comme je ne pouvais pas sortir à plat ventre du McDo par la porte arrière, je suis sorti en sifflant très fort et en marchant très très rapidement. On aurait dit un train qui traversait à vive allure un village.
Il est déjà 16h30.... J'ai marché un bon 15 kilomètres... Je mérite mon eau minérale avec un zest de citron. Le Petit Poucet retrouve assez bien son chemin même si tous les policias qui étaient supposés rester planter là pour ma propre gouverne et «direcion« n'étaient plus là.
Voici quelques images du paysage sur mon retour (sauf celle du parlement que je ne vous avais pas présenté»). La première vous présente l'étroitesse des rues. Parlant de rue, je vous ai donné quelques caractéristiques au chapitre précédent. J'en ai oublié quelques-uns dont :
1- Je n'ai pas encore vu de rues où les autos se rencontrent. Tout semble être à sens unique ici.
2- IL Y A MOINS DE MENDICITÉ DANS LES RUES ICI QU'À MONTRÉAl ! Pour vous donner une idée : imaginez que vous marchez de la Place Bonaventure à la Gare d'autobus de Berri-Démontigny. Eh bien sur cette distance, vous allez rencontrer deux mendiants. Les polices ne les fustigent ni ne les chassent pas. Ça m'interroge beaucoup sur notre propre société.

Les contrastes sont parfois frappants.
Voyez par vous-mêmes.
Voyez par vous-mêmes.

Détrompez-vous si vous avez une idée négative d'ici. Je n'ai jamais vu autant de vie, autant de belles femmes et de beaux gars, de bonne bouffe pas chère (les«rabas«, les calmars frits--- ça dépasse n'importe quel chip Bar-B-Q !). La meilleure bière que je n'ai jamais bue. Je n'en ai pris qu'une. Peut-être que je ne suis pas objectif. Je me tiens plutôt à l'eau minérale avec zest de citron. Et si j'en ai pris une, c'était pour vous rapporter son goût. C'est vraiment l'Italie d'Amérique qui parle espagnol et qui est pas cher. Loufoque, hirsute mais vrai.
La pyramide des âges
La pyramide des âges représentait pour moi un concept démographique et socio-économique assez intellectuel merci. That's it and that's all ! Mais quand tu circules sur un trottoir large comme ceux d'Europe et que c'est «full de monde » et que tu te rends comptes que 7 personnes sur 10 que tu croises a moins de 25 -30 ans... tu constates que la pyramide a une base pas mal plus large qu'au Québec où parfois tu as l'impression qu'elle est à l'envers : tu rencontres plus de cheveux blancs que de tatoos. Ça dit tout.... Je n'ai pas dit tatoo.
Bon vla le Parlement où l'on parlotte...vu de face. Remarquez le palmier. C'est un projet possible d'en mettre un,nous aussi, à la sortie de la traverse de Tadoussac. Ce serait financé avec nos fameux 2 $ !
Sur mon chemin de retour, j'aperçois un bureau de tourisme. Je rentre et je lui explique mon besoin de changer des chèques de voyage. Elle me donne une carte et m'indique deux endroits où pouvoir les changer. Je la regarde à mi-sérieux tellement c'est décourageant tout ça.Mais un petit espoir persiste chez moi. Je me dis : « S'ils sont aussi bons que ceux qu'on a au bureau de tourisme de Tadoussac, ça doit être vrai ce qu'elle dit. En effet, vous ne pouvez pas vous imaginer ce que l'on peut demander à ce bureau de tourisme de Tadoussac. Et ils nous répondent drette-là dans 99 % des cas. Vous ne croyez pas ? Demandez-leur quel est le meilleur temps pour observer les oiseaux de proie. Je m'étais fait demander cette question par une anglaise dans un courriel. Elle ne voulait peut-être pas prendre la proie pour l'ombre... Qui sait ?
Magnana Amigos. Traduction libre en français : Tourlou.

5 commentaires:
WOWWW!! Le palmier!! Chanceux...et tu n'es pas sur le bord de la plage encore... Moi aujourd'hui= pneus d'hiver et demain...neige annoncée à météo média...Je troquerais bien l'hiver Québecois moi too!
Bon, je me suis faite commenter mon propre dernier commentaire...à vous de le lire si vous voulez savoir de quoi il est question. Tous les détails de ton aventure sont très très importants parce que c'est super intéressant et que ça nous permet de s'évader le temps d'une lecture!! Continue d'écrire ton aventure, c'est le fun de te lire mon beau papaXXXXX Je t'aime
hélalalala!!
Ces histoires de banque, de recherche d'argent ... ça l'a pas d'allure. Y a de quoi virer fou.
Tu pourras dire que ton voyage à passer trop vite parce que tu as passé 80% du temps à te chercher du cash et t'a pas pu profiter du reste...Dans le fond, c'est un complot organisé par le gouvernement Argentin qui s'assure que les touristes reviennent voyager dans leur pays!
ahaha!
Dis donc... Question de profiter des attraits de la ville, mets donc une foutue punaise aux deux endroits sur ta mappe pour les cheques-voyages... Ah pis shit! Trouve toi donc logis tout juste à coté! hahahah
Content de voir que tu te promènes, que tu marches beaucoup. Malgré tes propos fustigateurs à l'égards des institutions bancaires/financières "crosseuses" du Québec et semi-présentes / organisées d'argentines, t'as l'air à avoir du bon temps.
Je suis de plus en plus heureux de lire tes récits. C'est enrichissant et ca me fait chaud au coeur que mon papa vive ces expériences très riches!
ouin ouin ouin... selon la découpe démographique ci-décrite, j'en connais un qui doit se rincer l'oeil! hihihihi
Continue à nous écrire comme ça, je m'en régale!
PDJ!
Pauvre Guy, quand tu vas revenir tu auras perdu ta bedaine...Je gage que tu as demandé tes renseignements a la polizia. Les espagnols parlent a toutes vitesse alors parle par geste et si il te donne une adresse en ''fastforward'' fait le signe de écris-moi la maudite adresse''. Je suis certaine que tu dégustes TOUJOURS de l'eau minérale avec zeste, telle que j'ai pu appercevoir à tes côtés sur ta photo, au Parloir ou ché pas quoi ou tu avais Internet...
On dirait Daniel Boone qui s'en vient coloniser. Il marche marche marche marche....
p.s appelle donc à mourial et dis leur de t'envoyer l'argent dans une banque ou tu te seras ouvert un compte et que tu auras pris une carte de débit, si seulement cela existe là-bas....
Dada qui pense a toi et qui trouve très drôle tes péripéties mais qui a tres hate pour toi que tu te trouves enfin de la mauditos pesetos
Dada xx
Salut mon petit papa! Ta quête pour du $$$ vaut les cents pas de Astérix et Obélix dans la maison de fous dans «les douze travaux d'Astérix». J'étais essouflée à te lire. T'es bon! J'aurais pris «double zeste de citron» deux fois plutôt qu'une. J'aurais eu le goût de pleurer, de me fâcher, de m'impatienter pour finalement en rire à force de plus le croire. OUF! Beaucoup de pas et d'émotions. Je suis certaine que lorsque tu sortiras de Buenos Aires, de la grande ville, ton aventure pourrait goûter autrement. C'est comme au Québec, tout le monde étant centralisé en ville, c'est saturé, les gens sont plus individualistes, le crime plus fréquent. Je te souhaite de rencontrer d'autres touristes avec lesquels tu pourrais fraterniser et peut-être faire un petit bout de voyage. Déjà, tu te sentirais moins «à risque», moins «ciblé». Enfin, ça me rassure et ça m'amuse de te lire quotidiennement. Je t'aime et j'ai hâte de te lire demain pour connaître le prochain épisode de tes aventures! Beaux becs de nous trois, la grande xxx
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