Ayant fait une épicierie minimaliste la veille, j'ai pu me faire un café et vous écrire. Pas sur Internet toutefois. J'ai dû écrire en Word parce que Internet ne fonctionnait pas tout comme la veille à compter de 9h (à votre heure), 11 heure du soir ici. Je ne sais pourquoi : on m'indique que je suis connecté mais je n'ai jamais de serveur. Peut-être que je ne donne pas assez de pourboires aux serveurs. Qui sait ?
Alors, on embarque son PC dans le sac à dos et on sort vers 10h30 am. Première station : Diego, ma mule, qui s'occupe aussi de l'informatique à la compagnie. Il me dit qu'il s'en occupera.
Deuxième station : Western Union
Pardon ... Por Favor... Pardon... Je ne vous ai pas dit pourquoi WESTERN UNION était ma cible prioritaire. Je vous explique: le gîte où je suis demeuré les deux premiers soirs exigeait un dépôt équivalent à la valeur du premier coucher à partir de Tadoussac. J'ai appelé Sabine Éléonore du grand Mourial et je lui ai dit d'aller à une succursale WESTERN UNION pour envoyer les sous. La succursale WESTERN UNION est à venir à Tadoussac. On pense que ce sera peut-être une garde-robe qui aura été pelletée sous La Galouine ou l'épicierie Côté. Mais on m'informe tout juste à l'instant que l'Auberge est dans la course pour obtenir la franchise.
Le problème c'est que ce n'est pas trop connu Western Union... Mais les gens de Tadoussac sont efficaces... On obtient la franchise et ensuite on verra bien ce que ça fait et ce qu'on fera avec...
Toujours est-elle que l'argent que j'ai ainsi envoyé par avance à ce gîte n'a pas pu être retiré parce que j'ai fait une erreur dans le libellé du destinataire : j'ai marqué le nom du gîte alors que j'aurais dû marquer le nom d'une personne particulière qu'on m'avait bien indiqué par courriel.
La fameuse personne du gîte m'a expliqué que j'avais fait une erreur, que je pouvais aller chercher mon argent à tout moment chez Western Union (Ben 40 $ ici ça vaut 80 $ au Canada ... TSÉ VEU DIRE). Et comme j'étais en mal d'argent, j'étais au moins sûr d'avoir cet argent.... Enfin je l'espérais.
Je marche donc une bonne vingtaine de minutes et je trouve une enseigne Western Union dans une banque. Je rentre. Trente personnes attendent. Je me mets en file. Je me dis que ça vaudrait la peine que j'intercepte un commis dans ses va-et-vient au cas que je ne sois pas dans la bonne file. Il en arrive un : « Western Union ? Por favor ? » Il me répond : « No Western Union aqui (ici)» Je me montre surpris et je lui montre l'enseigne de Western Union dans la vitre de la banque. Il me dit :« Si (C'est ainsi) ». Je tente ma chance avec mes maudits chèques de voyage et il me dit qu'ils ne touchent pas à ça. Câlisse...
Il me passe par la tête la recommandation de mon voyageur aérien - l'éditeur de magazines- de toujours faire affaire avec la Banco de La Nacion Argentina. Et à l'aéroport, cette banque m'avait changé des bills de 50 $ canadiens au VRAI taux de change. J'avais donc confiance qu'elle se comporterait encore ainsi. Je demande à un policia. Ces policiers devraient avoir deux paies: une de la police et l'autre du ministère du tourisme. Ils sont tellement partout que l'on peut pas craindre de se perdre ou de trouver l'endroit recherché. Par contre, quand on leur parle et que l'on badine avec eux, le peuple nous regarde en criss. Voyez la plaque commémorative qui en dit long sur l'appréciation du peuple envers ses policias.

Cette plaque ainsi que plusieurs autres (muchos en espagnol chose !) sont incrustrées dans les tuiles en céramique de la grande allée centrale qui mènent à l'Obélisque. Je vais vous dire que ça prend tout un gouvernement et toute une poilce pour accepter ces plaques. Imaginez à la Place Jacques-Cartier une plaque commératique des victimes de la Sureté du Québec en 2001. Je ne sais pas si la SQ endurerait ça longtemps. Ce serait la SQ qui sortirait dans la rue !
Petit aparte : je viens de lire vos commentaires, mes enfants. J'ai les yeux dans l'eau. Que je vous aime ! Oui vous êtes à mes côtés... Bon fini les sensibleries... Retournons à la recherche de l'argent. Ne sommes-nous pas ici pour ça ? Hi...hi..
J'ai tellement fait de banque que je ne sais plus trop où je suis rendu. Ah ! oui... J'essaie de me concentrer uniquement sur la Banco De La Nacion Argentina pour changer des chèques de voyages ou WESTERN UNION pour récupérer mon petit 40 $. Devinez ce que je fais pour en trouver une ? La policia évidemment. Il y en a à tous les coins de rue. Ils remplacent les chiens ! À moins que ce ne soit...je n'en dirai pas plus... Parlant de chien, j'ai dû marcher l'équivalent de trente kilomètres depuis trois jours. Eh bien je n'ai vu qu'un seul chien et c'est au jour quatre ! Je viens de vous donner une petite primeur.
Bon avant d'arriver à la maudite Banco De La Nacion Argentina, admirez vous aussi le paysage. Une première photo vous montre le Parlement en oblique afin que vous puissiez voir l'étroitesse de la rue au loin Toutes les rues sont ainsi faites.

Voici à la suite dans un parc du bout (C'est son vrai nom : Parco du Bouto) un arbre qu'Émilien (notre fournisseur de bois de chauffage à Tadoussac) et Rosaire (notre bon homme de main de confiance) aimeraient débiter (Hum ! No Suro ! Pas sur!)

Quant à cette photo toujours prise dans le Parco du Bouto, je vous laisse à vos propres interprétations. Il n'y avait de policia assez proche pour me l'expliquer...

Oui il y en a des palmiers. Je n'en ai pas vu beaucoup mais ils se portent très, très bien par contre. Peut-être que la ville les a tous abattus à cause des risques des cocos sur le coco. Le dernier qui a poursuivi la ville à cet effet a gagné 10 millions de pesos. Se sentant magnanime, il a donné tout le montant à la Loterie Nationale, une oeuvre de charité pour les pauvres.

Ne me demandez pas où reste le gars assis là. Il s'appelle Moreno.... Si vous désirez en savoir plus, faites la recherche dans Google. Failes : MORENO PARCO DU BOUTO... Vous allez voir que ça sort en maudit les sites qui parlent de lui. Mais aucun ne dit où il reste. Je le sais, j'ai essayé...
Là j'étais un peu écoeuré de marcher. J'ai pris un «break». Je suis arrêté à un Café WI-FI. C'est très rare encore le WI-FI ici. Les Argentins sont toujours deux à quatre ans en retard. L'argent est rare et l'environnement WI-FI commande un ordi, un lien et un router. Ils n'ont pas tous les moyens d'investir dans ça. Par contre, ils ont des «Locutorio» (parloirs en français peut-être) Internet. Ce sont des isoloirs style peep show (ouash !) où tu peux utiliser Internet. Certains locutorios possèdent des cabines super isolées....etc... Le paquet quoi ....
Les proprio des «Locutorios» ne doivent pas beaucoup apprécié la venue du WI-FI. Ils ont parfois beaucoup investi en cabines en bois cher, etc... Comme conseiller en administration, mon premier amour de profession, je leur recommande de revirer leurs cabines en cabines pour peep show ! De toute façon, l'Internet ça vaut pas le cul... Demandez-le à tous ceux et celles qui n'ont jamais touché l'internet, ils me donneront raison.
Bon tout ça pour vous dire que j'ai finalement trouvé un sapristi de café WI-FI.... Faut bien de temps à autre que je me repose et que je prenne ma boisson préférée : l'eau minérale avec un zest de citron... TSÉ VEU DIRE ! Ça me permet de vous rapporter la Petite Vie de Ti-Guy. Mon éditeur m'a formellement interdit de m'associer à Indianna Jones même si le monde m'appelle comme ça ici de temps à autre. Mon éditeur a été très délicat pour m'affirmer que le port vestimentaire lui ressemblait beaucoup mais que je n'étais pas assez beau. Quelle délicatesse de sa part !
Malgré tout ça, voici un être qui essaie d'avoir du coeur avec tous et toutes mais qui trouve que ce n'est pas toujours facile réaliser.

On marche encore un petit peu et puis j'arrive à la maudite Banco De La Nacion Argentina. Trois gardiens de sécurités avec le fusil compris (des fusils à eau ? on a bien vu un camion à eau avant...)... me demandent pourquoi je suis là ... Pas trop le temps de leur dire que c'est pour des toasts au beurre de peanuts et au Cheez Whiz... « Canadian Money exchange Senior...y Travelor Checks» Ben criss...c'est eux autres qui décident si tu es admis ou non... Ce n'est pas un employé de la banque qui connaît les services de la banque qui te filtre... Non ce sont des pistoleros à eau qui te filtrent ... Cé bo hein ?
Ils m'indiquent d'aller au dernier guichet. Aucune attente.... Yé... Aucun résultat non plus. La femme me dit que je suis au siège social de la maudite banque et qu'IL FAUDRAIT QUE J'AILLE DANS UNE SUCCURSALE. Câlisse... ils étaient à peu près 60 personnes avec des pouces en rubber pour compter l'argent du petit monde qui se présentait. Ils n'étaient même pas capables de dégager une sti de personne pour le grand monde que j'étais, moi le nouveau Indianna Jones mais pas beau selon mon impresario/éditeur/producteur.
On m'a indiqué une succursale tout proche. J'ai essayé de comprendre «doble avenida, à la derecha...tabernak..». Non ça finit jamais comme ça... Excusez-moi por favor. Mais il faut que vous compreniez que chu tanné en sti d'écouter le monde à fastforward.
Dix minutes de marches plus tard, je me ramasse à la succursale. J'ai pris l'habitude de demander le plus rapidement les deux mots-clés de ma survie : travelers checks et canadian money (câlisse, elle plus forte que l'argent américain, ils devraient en baver non ?). Le gars d'environ 25 ans qui est assis juste à côté de la file me dit qu'ils ne touchent pas à ça. Épuisé, ça ne me tentait pas de lui demander pourquoi qu'à l'aéroport, sa sapristi de banque faisait toutes ses acrobaties-là puis qu'ici, ils restaient assis sur leur gros....pesos....disons.
Il a pris la peine de prendre le temps de m'écrire deux places pour moi : la première place pour WESTERN UNION et la deuxième pour changer mon argent. C'est vrai que ça a pris du temps. Il a découpé une feuille 8.5 X 11 en 4. Il a pris une petite bandelette, puis il a écrit ces maudites adresses. Il avait l'air d'un petit bgarçon en première année qui s'appliquait à écrire. Son nez était plus proche du papier que la pointe de son crayon. Ils sont tous bien habillés avec la cravate et le complet de très haute qualité. On se sentirait en 1970. D'ailleurs mon producteur songe à réaliser un film à Buenos Aires avec Indiana Jones version 1970. Le titre du film serait « Le Banquier ». En effet, mon producteur se rend de plus en plus compte qu'on me prend pour une valise.
Rendu à la sapristi de Western Union pis fourré au coton !
Devinez ce qui m'attend : une sapristi de file: deux comptoirs et nous sommes environ quinze. Je prends ma place à l'arrière.
Arrive environ deux à trois minutes plus tard une belle noire. Elle me demande si j'attends en ligne. Il est vrai que ce n'était pas clair, clair si j'attendais ou non. Mais assez écoeuré des files, ne vous en faites pas, je lui ai clairement signifié que j'attendais en effet. J'ai mieux pris ma position en me disant dans mon petit moi-même :« Tbnk, tu l'emporteras pas en paradis, je suis avant toé. Chu plus tanné que toé.«
Ici, il faut vous dire que, dans le Guide du Routard, on nous informe qu'un homme doit toujours laisser sa place à une femme dans le métro, l'autobus... Autrement l'homme est très, très mal vu. Le guide ne parle jamais des files d'attente chez Western Union, par contre.
Alors on attend et on avance à petits pas de noir...ok...ok... Pour ne pas être raciste, je dirai aussi de blanc.... Bon.
À un moment du nez...euh ! donné, je disais, le monsieur juste en face de moi, c'est à son tour.Il se retourne et regarde une femme qui est en train de jouer avec un petit poupou de deux ans. Il l'invite à passer devant lui. Câlisse, ça m'est jamais arrivé à moi quand j'emmenais les poupous à quelque part. Mais c'est correct, oui, oui je trouve ça bien correct.
Mais je commençais à être gêné. Je pensais à ma noire en arrière de moi. Je me demandais si elle n'avait pas un peu demandé de prendre mon tour quand elle m'avait demandé si c'était bien ma position d'attente. Mais ce doute, je l'avais déjà écarté du revers de la main au tout début. « Qu'elle attende, sapristi, je suis écoeuré». Mais la gêne commençait à remonter à la surface surtout quand la dame n'arrêtait de dire Gratias...Gratias....Gratias... Je me pensais à la messe de Noël.
Arrive mon tour. Je me sens cheap. J'ai peur que le Guide du Routard ne me pardonne jamais cette bassesse. Je me retourne et me prépare à allonger le bras comme geste signifiant que je passais mon tour. Ça aurait été une des plus belles scènes du film d'indianna Jones 1970 à Buenos Aires.... mais voilà qu'un noir arrivé de ne je sais où --- il devait s'appeler Ex-Machina mais certainement pas Deus car c'est Indiana jones le Deus du film--- est là entre elle et moi. La femme noire --- oui celle qui fait partie de la minorité visible--- s'adresse à moi qui fait partie de la majorité invisible ( de fait, comment fait-elle pour me voir et m'"entendre ?) et me dit qu'elle accepte bien sa position et qu'elle est est bien correcte comme ça.
Alors le minus visible qui s'était interposé à mon insu entre elle et moi me dit en langage du Groenland et en fastforward : « Bien je vais prendre sa place alors...». Et elle de renchérir : « Ah ! si lui va au comptoir et bien moi aussi alors.»
Les deux se sont ramassés devant moi. Vous direz ensuite que je ne suis pas magnanime. Je n'arrêtais pas de dire calmement et mais assez clairement pour qu'ils l'entendent : « Gratias...Gratias...Gratias...». Bizarrement, il m'a fallu cette expérience très pratique pour m'apercevoir que la minorité visible ne voyait ni n'entendait vraiment pas la majorité invisible qui était derrière elle. Je sais de quoi je parle, je l'ai vécue.
De toute façon, je ne me suis jamais attendu à des remerciements de ces deux minorités visibles. J'espère que le Guide du Routard m'enverra une petite épinglette me nommant le Routard de l'Année et que je pourrai aller partout gratuitement dans une circonférence touchant St-Hyacinthe, Granby, etc...
Mais si vous pensez que je suis au bout de mes peines, détrompez-vous...
La maudite formule !
J'avais pris la peine en attendant dans la file de prendre mon dictionnaire afin de pouvoir dire mon problème. « Malo destinario».... Mauvais destinataire... au lieu de l'hôtel, ça aurait dû être le nom du gars comme destinataire. Déborah et moi connaissons ce problème. Les gens nous envoient des sous au nom du Roupillon mais on n'a pas de compte à ce nom-là PIS ON N'EN VEUT PAS.
J'arrive donc au comptoir. Le gars aurait pu faire Juste pour Rire dans toute sa lourdeur et sa barbe de 7 jours. Mais je n'avais pas envie de rire. « Malo Destinario», dis-je. il ne voulait pas en savoir davantage; c'était tout à fait suffisant pour lui. Il me « crisse» (c'est le bon mot] une formule entre les dents et puis il se met à parler à fastforward. Il me pointe le petit comptoir où je devrai compléter ma formule. Bon j'y vais.
Ah ben câlisse... je me rend compte qu'il me donne un formulaire pour envoyer de l'argent. Je ne veux pas en envoyer, je veux avoir mon argent qu'il a, lui.
Je retourne vers lui mais la file est toujours là. C'est la seule chose éternelle à Buenos Aires : la file. Je me mets un petit peu en oblique de la file et je lève mon bras en faisant branler mon formulaire. Je lui signifie que le formulaire n'est pas bon pour moi. Je ne veux pas envoyer d'argent. Il me pointe de son doigt le petit comptoir comme un principal d'école qui m'aurait indiquer là où je devais me mettre à genou. Il fait la sourde oreille et ne veut rien savoir. Il commence à rire du Gringo Indianna Jones que je suis avec toute la file. Il semble dire en fastforward : « Osti qu'ils sont cons ces Gringos américains. Il faut tout leur dire tellement ils sont cons.» Il riait plus fort que la file qui attendait, elle aussi, son argent.
Je retourne là où mon principal d'école m'a envoyé. Pis là Indianna Jones réfléchit profondément. Cette scène-là va être belle aussi.
Non il n'a pas compris «Malo Destinario». Ah ! je comprend. Il me donne un formulaire pour que j'envoie ça au «Bono Destinario». Mais moi je suis ici et je suis le Bono Destinario. Comment je fais pour tout lui dire ça en fastforward ? OK.... J'ai trouvé... Ça va être simple comme ce gros Bêta de Juste pour Rire qui n'a pas un maudit peso pour s'acheter un rasoir Bic. Je cherche dans le dictionnaire; c'est facile à dire: il n'y a pas de ces maudits "j" avec lesquels tu ne sais jamais quoi faire.
Je me présenrte en oblique encore une fois. Comme il y avait juste deux personnes qui attendaient, on devrait plus dire que je me suis présenté triangle. Je m'écrie dans toute l'affirmation qu'Indianna Jones peut avoir devant un cobra barbu (nouvelle sorte de serpent dû à des mutations génétiques en laboratoire):
« Cancelar Transacion ! »
Là j'étais fatigué en sti ( sti=diminutif de sapristi.... Vous le saviez n'est-ce pas ? )... L'eau minérale (on va dire), l'énervement, la marche, le dictionnaire qui revolait tellement d'une page à l'autre que ça me ventilait la face... j'avais envie de pisser en plus. Mais j'avais plus envie d'argent que d'autre chose. N'oubliez pas que tout ça, c'est pour 40 $ canadien. Je n'ai jamais travaillé tant que ça pour 40 $ au Canada, batèche.
Eh bien, le cobra me regardait avec un regard hébété et des plus interrogateurs. Il fit comme l'Empereur César qui, du signe de la main, signifiait à un de ses sujets de s'approcher. Je m'avançai donc. J'aurais aimé passer devant une noire, pardon, une minorité visible mais visiblement, il n'y en avait pas.
Il regarda ma maudite formule. EXPÉDITEUR : Guy Rainville (Western Union n'accepte pas le nom Snorow), RECEVEUR: Guy Rainville (Ben oui, j'ai été receveur pour les Dodgers en 1938).
Là il me regarde et il ne comprend plus. Mais il accepte que je m'explique en anglais à SLOWFORWARD. Il sourit du coin de la bouche. Je ne sais pas comment j'ai pu faire pour voir ça en-dessous de sa barbe non rasée de 7 jours. Je lui explique que ma fille a envoyé l'argent au nom de l'hôtel et non au nom du gars...Ça en a fait des noms. Mais il semblait comprendre. Il me pointe son écran dans le champs du nom de l'hôtel et me baragouine quelque chose en fastforward. « No entiendo» dis-je. Il me repète la même chose un petit peu plus vite cette fois-là. Me semble que c'est plus convaincant quand c'est un petit peu plus vite.« No entiendo» dis-je.
Là, le cobra ne sait plus quoi faire. il se lève de sa chaise, en fait le tour. Heureusement son boss arrive à la rescousse. Le cobra explique toute la situation au prêtre qui est penché sur lui et qui regarde l'écran en même temps. Le boss a dit à peine une phrase. Tellement pas forte. Je pensais qu'il disait « J'ai faim pour du chinois». Mais non. À voir l'allure de l'Empereur cynique qui faisait rire plus tôt les foules au sujet d'un chrétien Jones, il semblait se préparer à me payer.
Il a prononcé la phrase latine la plus douce que je n'ai jamais entendue. Ça dépasse tous les Hosannas entendus. Il a dit : « Dolares ou pesos ? ». Devinez qu'est-ce que j'ai choisi ? Je lui ai demandé s'il n'avait pas des roubles... Non, bien entendu, j'ai demandé des pesos. C'est assez difficile de changer de l'argent ici qu'on ne niaise pas avec ça. Pour ceux ou celles qui ont répondu Dolares à la question, je vous invite à ne jamais venir en Argentine. Vous pourriez faire la rue.
Parlant de faire la rue , voici quelques observations que j'ai faites :
1- Aucune boutique OLÉ, OLÉ. Ni de place style danseurs (ses), ni de peep show, ni de cinéma érotique. Rien. Tout doit se passer par en-dessous, voyons donc. D'ailleurs on voit souvent des jeunes hommes nous donner sur le trottoir des petits coupons où l'on peut obtenir les services courtois de courtisanes. Avec deux dessus de boîtes de Kellogg, la fille est gratuite.
2- Pas de chien.... on l'a dit
3- La flotte des automobiles est étonnamment récente. Très, très comparable au Québec. Bien sûr pas d'américaines. Mais Citroën, Japonaises... on est loin d'être à Cuba ou en République Dominicaine.
4- Avec mon accoutrement, je suis très, très regardé. Certain(e)s en rient, d'autres regardent avec une admiration bien contrôlée. Les hommes aussi. Ma veste attire le plus les regards. Je commence à comprendre les femmes qui sont belles. Pas facile de discerner si c'est de l'orgueil ou de la fierté qui est vécue.
5- Comme on parle de la rue... regardez les trottoirs dans la photo du bas. C'est partout comme ça. Le contracteur qui a pogné le contrat des trottoirs va aller se rhabiller avec ses maudites tuiles en pierre qui cassent dès qu'on commence à danser le tango.

Imaginez donc la combinaison malheureuse que ça peut produire le domingo a la noce (dimanche soir) qui est la soirée des poubelles. Des ratons laveurs qui ont dévasté des sacs verts sur des trottoirs bombardés... C'est romantique... J'aurais dû écrire moi...
Revenons non pas à nos moutons mais à notre cobra barbu. Je lui demandai, plein d'assurance maintenant puisque il ne me devait plus rien, où je pouvais changer mes chèques de voyages. Il me donna une adresse en fastforward. Je lui fis répéter. C'était en fastforward plus. Il me restait juste le nom de la rue en tête. Mais j'étais content parce que j'étais certain qu'il me donnait une adresse. En effet, ceux qui nagent dans l'argent ---je ne parle pas des ronds de cuir des banques--- se connaissent tous.
Dès que je suis sorti de Western Union, devinez ce que j'ai fait... Vous avez raison. Je suis allé voir les agents d'information touristique omniprésents dans la ville : les policias et pourquoi pas ? Ils sont en général meilleurs que le monde ordinaire pour expliquer où aller. Peut-être est-ce dû au fait qu'ils se pratiquent régulièrement à faire la circulation et qu'ils ont ainsi les bras ou les mains si agiles. Je ne sais...
Je me suis rapidement rendu à la maison des changes que le cobra m'avait indiquée. Je lui demande : « Travelers Checks ? Por favor ? » Réponse : « Si ». Maudit que j'étais content. Je sors mes chèques de voyages VISA et CAA. Il me dit : « No solo American Express».
J'ai alors compris que le mot «SI» en espagnol ne veut pas juste dire oui mais il veut aussi dire « SI c'est American Express».
Je lui demande s'il prend de l'argent canadien. il me dit oui. Il m'a demandé 25 % pour changer cet argent.
Mais, au moins, je pourrai souffler un peu et au moins dormir en paix ce soir.
Disons que l'argent est rare ici qu'on ne prendra pas les petits coupons qui sont distribués ici sur les trottoirs !
A chaque jour suffit sa peine... Demain...devinez ce que l'on fera : un tour de ville ou le tour de la ville pour changer mes chèques de voyage ?
Buenas Noces...
Que le Bien descende sur vous tous et toutes.
Snorow
Eh bien, le cobra me regardait avec un regard hébété et des plus interrogateurs. Il fit comme l'Empereur César qui, du signe de la main, signifiait à un de ses sujets de s'approcher. Je m'avançai donc. J'aurais aimé passer devant une noire, pardon, une minorité visible mais visiblement, il n'y en avait pas.
Il regarda ma maudite formule. EXPÉDITEUR : Guy Rainville (Western Union n'accepte pas le nom Snorow), RECEVEUR: Guy Rainville (Ben oui, j'ai été receveur pour les Dodgers en 1938).
Là il me regarde et il ne comprend plus. Mais il accepte que je m'explique en anglais à SLOWFORWARD. Il sourit du coin de la bouche. Je ne sais pas comment j'ai pu faire pour voir ça en-dessous de sa barbe non rasée de 7 jours. Je lui explique que ma fille a envoyé l'argent au nom de l'hôtel et non au nom du gars...Ça en a fait des noms. Mais il semblait comprendre. Il me pointe son écran dans le champs du nom de l'hôtel et me baragouine quelque chose en fastforward. « No entiendo» dis-je. Il me repète la même chose un petit peu plus vite cette fois-là. Me semble que c'est plus convaincant quand c'est un petit peu plus vite.« No entiendo» dis-je.
Là, le cobra ne sait plus quoi faire. il se lève de sa chaise, en fait le tour. Heureusement son boss arrive à la rescousse. Le cobra explique toute la situation au prêtre qui est penché sur lui et qui regarde l'écran en même temps. Le boss a dit à peine une phrase. Tellement pas forte. Je pensais qu'il disait « J'ai faim pour du chinois». Mais non. À voir l'allure de l'Empereur cynique qui faisait rire plus tôt les foules au sujet d'un chrétien Jones, il semblait se préparer à me payer.
Il a prononcé la phrase latine la plus douce que je n'ai jamais entendue. Ça dépasse tous les Hosannas entendus. Il a dit : « Dolares ou pesos ? ». Devinez qu'est-ce que j'ai choisi ? Je lui ai demandé s'il n'avait pas des roubles... Non, bien entendu, j'ai demandé des pesos. C'est assez difficile de changer de l'argent ici qu'on ne niaise pas avec ça. Pour ceux ou celles qui ont répondu Dolares à la question, je vous invite à ne jamais venir en Argentine. Vous pourriez faire la rue.
Parlant de faire la rue , voici quelques observations que j'ai faites :
1- Aucune boutique OLÉ, OLÉ. Ni de place style danseurs (ses), ni de peep show, ni de cinéma érotique. Rien. Tout doit se passer par en-dessous, voyons donc. D'ailleurs on voit souvent des jeunes hommes nous donner sur le trottoir des petits coupons où l'on peut obtenir les services courtois de courtisanes. Avec deux dessus de boîtes de Kellogg, la fille est gratuite.
2- Pas de chien.... on l'a dit
3- La flotte des automobiles est étonnamment récente. Très, très comparable au Québec. Bien sûr pas d'américaines. Mais Citroën, Japonaises... on est loin d'être à Cuba ou en République Dominicaine.
4- Avec mon accoutrement, je suis très, très regardé. Certain(e)s en rient, d'autres regardent avec une admiration bien contrôlée. Les hommes aussi. Ma veste attire le plus les regards. Je commence à comprendre les femmes qui sont belles. Pas facile de discerner si c'est de l'orgueil ou de la fierté qui est vécue.
5- Comme on parle de la rue... regardez les trottoirs dans la photo du bas. C'est partout comme ça. Le contracteur qui a pogné le contrat des trottoirs va aller se rhabiller avec ses maudites tuiles en pierre qui cassent dès qu'on commence à danser le tango.

Imaginez donc la combinaison malheureuse que ça peut produire le domingo a la noce (dimanche soir) qui est la soirée des poubelles. Des ratons laveurs qui ont dévasté des sacs verts sur des trottoirs bombardés... C'est romantique... J'aurais dû écrire moi...
Revenons non pas à nos moutons mais à notre cobra barbu. Je lui demandai, plein d'assurance maintenant puisque il ne me devait plus rien, où je pouvais changer mes chèques de voyages. Il me donna une adresse en fastforward. Je lui fis répéter. C'était en fastforward plus. Il me restait juste le nom de la rue en tête. Mais j'étais content parce que j'étais certain qu'il me donnait une adresse. En effet, ceux qui nagent dans l'argent ---je ne parle pas des ronds de cuir des banques--- se connaissent tous.
Dès que je suis sorti de Western Union, devinez ce que j'ai fait... Vous avez raison. Je suis allé voir les agents d'information touristique omniprésents dans la ville : les policias et pourquoi pas ? Ils sont en général meilleurs que le monde ordinaire pour expliquer où aller. Peut-être est-ce dû au fait qu'ils se pratiquent régulièrement à faire la circulation et qu'ils ont ainsi les bras ou les mains si agiles. Je ne sais...
Je me suis rapidement rendu à la maison des changes que le cobra m'avait indiquée. Je lui demande : « Travelers Checks ? Por favor ? » Réponse : « Si ». Maudit que j'étais content. Je sors mes chèques de voyages VISA et CAA. Il me dit : « No solo American Express».
J'ai alors compris que le mot «SI» en espagnol ne veut pas juste dire oui mais il veut aussi dire « SI c'est American Express».
Je lui demande s'il prend de l'argent canadien. il me dit oui. Il m'a demandé 25 % pour changer cet argent.
Mais, au moins, je pourrai souffler un peu et au moins dormir en paix ce soir.
Disons que l'argent est rare ici qu'on ne prendra pas les petits coupons qui sont distribués ici sur les trottoirs !
A chaque jour suffit sa peine... Demain...devinez ce que l'on fera : un tour de ville ou le tour de la ville pour changer mes chèques de voyage ?
Buenas Noces...
Que le Bien descende sur vous tous et toutes.
Snorow

2 commentaires:
Salut Guy
Quelle saga que de changer de l'argent dans ce paradis celeste..si c'etait l'enfer ils auraient bien de l'argent en grande quantite. Tu comprendras pourquoi je voyage toujours avec du CASH calver...rien d'autre.
J'espere que ta journee sera fructueuse...
Bonne chance
Roland.
ah ben! le grand roland qui écrit! salutations à ce snorow!
ouin... mais ca va tu finir la quête à l,argent! si seulement maudite affaire c'tait le klondike pour des pépites d'or... mais non! c'est pour des pesos.
Maintenant, pour ce qui est des choses un peu plus coquines (danseuses, sex shop, etc)... Il ne faut pas oublier que l'amérique latine est le château fort du catholicisme et que le traditionnalisme y est fort présent.
Ne jamais oublier aussi la dynamique latine: les don juan qui chantent la pomme et une fois la pomme croquée qui agissent comme pourvoyeurs alors que les filles se font belles, bonnes et sages, pour courtiser l'homme souhaité! (princes et princesses finalement)
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